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Foyer fermé, femmes en détresse.

Depuis lundi et la fermeture du foyer d'urgence de la rue Gustave-Roch, des femmes sont à la rue. Quatre acceptent de témoigner sur cette impasse.

Un sac plastique de vêtements à la main, les quatre copines de galère plaisantent à l'arrêt de tramway Duchesse Anne. Des rires éphémères, chassés par la nécessité d'appeler encore et toujours le « 115 », à la recherche d'un toit pour la nuit. Khadija, Oluchi, Anani et Monica (1), âgées de 28 à 50 ans, sont toutes les quatre demandeurs d'asile. Avant la fermeture imposée par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du centre d'urgence de la rue Gustave-Roch (réservée pour une part aux femmes seules), leur situation était déjà précaire. Mais lundi, une nouvelle barrière s'est abattue sur leur quotidien. Les places d'hébergements disponibles pour l'été s'amenuisent. Pour les femmes seules, la nuit d'errance est souvent imposée.

Anani, centrafricaine, veut attirer l'attention des élus. Ne sachant plus où aller, elle ne demande qu'une structure provisoire pour s'en sortir : « dimanche, on a dormi à Gustave-Roch et, au matin, c'était fini. On s'est rendues à l'Accueil d'information des demandeurs d'asile qui nous a renvoyées vers la Ddass. Là, on nous a rassurées en nous disant que notre demande allait être transmise au responsable... » Anani soupire, usée par la précarité et des démarches administratives sans fin. À elle comme aux autres, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) doit donner une réponse. En attendant, impossible de travailler, il faut composer. Anani est la mieux lotie, avec 300 € par mois pour subsister, au titre de l'allocation d'insertion délivrée par les Assedic pendant un an. Depuis son arrivée à Nantes, fin 2006, Anani est passé par différents centres d'urgence. D'abord à la Haute Forêt, pendant une semaine, trois fois renouvelée. Puis, grâce à la signature d'un contrat de stabilisation, deux mois au Prieuré Saint-Pierre. « Là-bas, c'était bien mais ça a fermé en avril. » Nouvelle étape au Foyer Jeunes Travailleurs, cours du champ de Mars et, récemment, au foyer Gustave-Roch.

Depuis sa fermeture, « c'est une lutte permanente », confie Monica, haïtienne. Le cas d'Oluchi, nigériane, est symptomatique. Elle a récemment été confrontée à la violence de la rue. Un homme lui a proposé de la suivre pour bénéficier d'un hébergement. À condition qu'elle accepte de se prostituer. L'angoisse d'Oluchi a redoublé. Elle trouve refuge dans les antidépresseurs. « Pour nous, c'est dangereux la nuit. On ne peut pas dormir sur un banc comme un homme. Il y a beaucoup d'automobilistes qui, en nous voyant perdues, nous ennuient. » En fuyant leur pays, elles pensaient trouver « un pays de liberté ». Au lieu de ça, elles passent leur journée pendues au 115. Ou à se promener, pour ne plus trop penser. En attendant mieux, une seule solution : « rester groupées ».

Charles CENTOFANTI.

(1) prénoms modifiés  

Article tiré du Ouest-France du 04/07/2007

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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