L'île de Nantes et le festival Estuaire sont de véritables aubaines pour le croisiériste plus habitué au calme de l'Erdre qu'aux remous de la Loire.
Le bateau s'appelle Renaissance. Ca ne s'invente pas. Depuis hier et pour tout l'été, les Bateaux nantais, traditionnellement installés sur l'Erdre, se sont mis à l'heure de la Loire avec deux formules : une croisière apéritif ou dînatoire. « Avec l'aménagement de l'île de Nantes et le festival Estuaire, les Nantais renouent avec la Loire, redécouvrent ce fleuve encore sauvage. On prend le risque d'une nouvelle aventure », explique Gérard Baslé, PDG du groupe GB, propriétaire des Bateaux nantais.
Sur le nouveau ponton des chantiers navals, le Renaissance chauffe ses machines. Deux coups de sirène et il s'élance dans les remous saumâtres. Direction Thouaré : deux heures de voyage entre ville et verdure. Aux manettes, Christophe et Fabrice sont vigilants, « l'Erdre et la Loire, c'est le jour et la nuit. La Loire est plus remuante, plus compliquée. Il y a les courants liés aux marées et le marnage (la différence de hauteur d'eau entre basse et haute marée, N.D.L.R.). Là, par exemple, ça passe juste », indique Christophe en passant sous la passerelle Schoelcher, qui mène au Palais de justice.
Dans la cabine, les 75 passagers se sont installés sur des fauteuils en rotin, dans un décor aux couleurs du monde. Les serveurs s'activent pour amener les encas préparés à l'arrière par Jean-François. « Gaspacho de tomate et de melon, maquis de saumon, l'idée est de donner un aspect de voyage à la croisière. De faire un tour du monde des saveurs et découvrant la Loire », explique le cuistot. Mais le fleuve est capricieux. Avec la pluie et la buée qui s'accumule sur les vitres, les passagers distinguent à peine les rives vertes ou ensablées. « La Loire c'est bien mais l'Erdre c'est mieux, juge l'un d'entre eux. Les paysages sont plus intéressants, au niveau des maisons qui bordent la rivière par exemple. »
Après une heure et demie de navigation, le Renaissance aborde les rives de l'île de Nantes. La nuit est tombée sur les anneaux colorés de Buren, en face du hangar à bananes. Pour les Bateaux nantais, cette expérience est plus qu'un test. Si les Nantais et les touristes sont au rendez-vous, la société envisage de faire construire un deuxième bateau pour la Loire.
Antoine KREMPF.
Les Bateaux nantais sur la Loire. Tarifs entre 12 € et 49 €. Quai de la Motte Rouge, 44 008 Nantes cedex 01. Renseignements : 02 40 14 51 14,
www.bateaux-nantais.fr
Article tiré du Ouest-France du 07/07/2007