Une dizaine de sans-abris ont été évacués, hier matin, par les policiers. En une heure de temps, leur squat s'est retrouvé muré.
« Ils sont en train d'attacher mon bonhomme ! On peut même pas prendre un café ! » Réveil douloureux hier pour Rebecca, 32 ans, comme pour la dizaine d'autres squatters de cet immeuble de la place François II. L'évacuation, plusieurs fois reportée, était pourtant programmée. Il y a une semaine, « deux dames de la mairie » auraient fait passer le message à l'un des occupants (lire Ouest-France de lundi). Lundi, tous étaient sur le qui-vive. Fausse alerte. Les forces de l'ordre sont finalement intervenues, hier à 9 h 15.
« Ils ont frappé à ma porte en nous disant de prendre nos affaires et de dégager », raconte Caroline, 24 ans, encore sous le choc. Derrière elle un maître-chien, en tenue de bibendum, s'aventure en premier dans les lieux, suivi d'une quinzaine de policiers. Les pompiers ne tardent pas à intervenir à la suite d'un incident. Un squatter est mordu par l'un des chiens - un dogue argentin - et emmené au CHU, légèrement blessé au bras. Rebecca, en larmes, regarde impuissante son copain se faire embarquer. Les papiers d'identité sont passés, un à un, au fichier. Les appartements ne sont pas encore vides que déjà des ouvriers s'affairent à sceller des plaques métalliques sur la moindre ouverture.
Pendant que certains tentent de négocier, d'autres essaient de récupérer des affaires. Plusieurs n'en auront pas le temps. « C'est pas parce qu'on est SDF qu'on est des chiens, s'insurge une amie des expulsés. Ça me fout les nerfs, au lieu d'arrêter des zonards, qu'ils arrêtent les violeurs ! » Face aux réactions épidermiques, les policiers gardent leur calme. Le maître-chien temporise et explique que si les chiens ne sont pas vaccinés, ils seront confiés à la SPA. Chiens, furet, perruches sont placés dans une fourgonnette. « Les logements sont dans un état de saleté extrême », déplore un policier.
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Charles CENTOFANTI & Elodie LOCH-BEATRIX
Article tiré du Ouest-France du 21/07/2007