Le commun des mortels souhaite ne jamais s'y rendre. Pourtant le palais de justice de Jean Nouvel recèle bien des beautés cachées...
Point de glaive ni de balance sur la façade. Les colonnes ne sont pas grecques mais numériques. Nulles maximes de droit gravées dans le marbre mais des citations orangées défilant sur les piliers intérieurs. Ce palais de modernité déstabilise plus d'un visiteur. « Tout le poids de la justice est rendu dans ce bâtiment », juge, mal à l'aise, une jeune femme. « J'adore l'aspect solennel de ce bâtiment, cette dimension est importante pour la justice », modère un habitué des lieux. Entrons. Salle des pas perdus. Perdus dans l'attente du jugement ou perdus sur le chemin de la vie. Les yeux se tournent. Le contraste est saisissant. D'un côté, la lumière et la Loire, de l'autre, d'immenses grilles annoncent les barreaux de la prison. Plus poétiques, certains y voient des moucharabiehs, ces grilles en bois sculptés qui permettent aux femmes du monde arabe de voir sans être vues. S'agirait-il de cacher la noirceur de notre monde ? Des milliers de cube carrés anthracites enserrent les quatre salles d'audience. Jean Nouvel voyait en la répétition de ces cubes un symbole d'équité. Au coeur des salles, quelques boiseries acajou redonnent de la chaleur.
Les prévenus attendent dans les couloirs sombres
Au quatrième étage, les longs couloirs rouges et noirs donnent le vertige. L'atmosphère est feutrée. L'absence de fenêtre renforce le sentiment d'asphyxie.
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Elodie LOCH-BEATRIX.
Article tiré du Ouest-France du 31/08/2007
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