François de Rugy veut maintenir une infrastructure ferroviaire sur l'Île de Nantes : les militants du transport public sont rassurés.
« C'est un principe de précaution : on ne va pas faire la même erreur qu'à l'époque où on a changé toutes les lignes de tram ! » François de Rugy, vice-président de Nantes-Métropole, chargé du plan des déplacements urbains, se dit « déterminé à garder une infrastructure ferroviaire » sur l'Île de Nantes. Les aménageurs qui avaient parié, un temps, sur le retrait des rails, vont devoir réviser leurs plans : « Chez certains, la tentation de la table rase a existé, reconnaît le député Verts. Mais pas dans l'esprit des décideurs-élus de Nantes-Métropole. »
« La gare de triage actuelle n'est pas au meilleur endroit », précise toutefois le parlementaire. Et de fait, le déménagement de la gare de triage du fret située à l'arrière du boulevard de la Prairie-au-Duc, est acquis. Réseau Ferré de France, Nantes-Métropole, la SNCF, etc. se sont mis d'accord pour la transférer au Grand-Blottereau. Mais ce transfert n'est pas pour demain : « C'est quelque chose de très lourd, qui va coûter de l'argent », fait remarquer François de Rugy. Lequel pense l'avenir du rail sur l'Île de Nantes à partir de l'idée qu'il se fait de l'évolution de l'étoile ferroviaire nantaise : « L'étoile ferroviaire, ça ne peut pas se comprendre comme le fait d'arriver à la seule gare de Nantes. Un ou deux points de desserte peuvent exister sur l'Île de Nantes. Et on peut ajouter d'autres correspondances. »
Car la gare centrale, chacun le sait, est saturée. C'est ce que rappelle la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT). Ces gens soucieux de ne pas aggraver l'effet de serre, militent depuis toujours pour le tram et le chemin de fer. « Nous nous félicitons du succès des TER, qui gagnent 11 % de voyageurs par an », explique Jean-Bernard Lugadet, secrétaire. Leur lucidité précoce ne donne que plus de crédit à leurs propositions.
Désengorger le tunnel de Chantenay
Pour accélérer la fréquence et la cadence du trafic ferré périurbain, à l'heure où la Région fait du train sa priorité des priorités (OF de samedi), « il faut donner de l'air à l'étoile ferroviaire nantaise », affirme M. Lugadet. Il faudra, souligne ce militant, que la ligne Nantes-Vertou « soit prolongée à Clisson dès que la traction électrique sera mise en place ». Et qu'on maille le territoire de lignes SNCF plus performantes dans un périmètre de 30 km autour de Nantes : à direction de Nort, Machecoul ou Ancenis, par exemple. « On avance, mais trop lentement », avoue Gérard Gautier. Lequel en appelle « à mettre les bouchées triples, afin de substituer à l'étalement urbain en tache d'huile, un habitat en doigts de gant ».
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Gaspard NORRITO.
Article tiré du Ouest-France du 25/09/2007