Mondial féminin (poule F). Dans un palais des sports de Beaulieu plein à craquer, le hand au féminin a démontré qu'il n'échappait pas aux codes habituels du sport : soutien aux petits poucets, tension, mise en cause des arbitres...
Le mariage du talon aiguille et de la chaussure de sport, de la féminité et de la « sport attitude », de l'élégance et la grâce dans le geste ! Le Mondial féminin de handball a placé haut la barre de ses ambitions.
Celles des Paraguayennes n'ont pas cette hauteur de vue. Les joueuses sud-américaines, pour le premier Mondial, ont situé leur objectif à un niveau autrement modeste : faire bonne figure, sans rien renier de leur féminité. On en veut pour preuve le choix de sacrifier à une mode très brésilienne qui veut que le patronyme s'efface derrière le prénom. Le chaleureux public du palais des sports de Beaulieu s'est d'autant plus abandonné à un soutien inconditionnel des Fabiana, Teresa, Maria, Maria, Beatriz, Giovanna et autre Marizza que lesdites jeunes femmes ont endossé le maillot marine aux parements blanc et rouge de victimes promises à une correction.
C'est dans la nature des Asiatiques que de ne pas faire de sentiment quand l'honneur du pays est en jeu. Les vice-championnes olympiques coréennes considèrent le handball comme une activité trop sérieuse pour prendre un match à la legère. Et au grand dam d'un public nantais tout acquis à la cause paraguayenne, la Corée du Sud n'a pas fait dans la dentelle (50-12). Alors les supporters de Fabiana et Nadia, les scoreuses sud-américaines de la première période, ont grondé à leur premier but refusé par le corps arbitral après 12 minutes de jeu, et ont salué d'une ovation chacune des leurs trop rares réalisations.
Au final, le palais des sports de Beaulieu s'est trouvé d'incontestables affinités sud-américaines quand il aurait pu s'enthousiasmer devant l'efficacité coréenne et celle, un peu plus tôt dans l'après-midi, des Allemandes.
Car si l'affiche de la fin de soirée dominical ne laissait planer aucun suspense quant à son scenario et son issue, celle qui a ouvert les débats mondiaux nantais, à 16 h, a partagé le public de connaisseurs. Parce que le jeu a été autrement plus dense, le résultat un peu plus incertain et autrement déterminant pour les jours à venir.
Les gesticulations et colères de Leonid Ratner, l'entraîneur ukrainien, sur le bord de la touche, puis sa totale passivité devant la tournure finale des événements ont été un parfait baromètre de la pression entourant ce match d'ouverture. L'un des premiers tournants de la compétition (celle du groupe F en tout cas) s'est joué dès ce dimanche après-midi. Battu par l'Allemagne (26-21), le tombeur ukrainien du multi-médaillé olympique et mondial danois en barrage de qualification pour ce Mondial, a grandement amenuisé ses chances de poursuivre son aventure en France. Si ce lundi soir, dans le match qui constituera l'affiche du jour (20 h 30), l'Ukraine ne bat la Corée du Sud, l'heure de rentrer au pays aura d'ores et déjà sonné.
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Max FOUGERY.
Ouest-France