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77 ans, Pierrette Cadin-Lodé est l’héritière
et le dernier témoin d’une aventure humaine
et familiale exemplaire. Charpentier de formation, son
grand-père, Pierre-Félix Lodé, partit
dès l’âge de 15 ans faire un tour de
France des petits métiers qui révéla
son appétit pour les travaux manuels et son esprit
créatif. En 1871, il installa son premier atelier
rue Harouys, puis rue de la Bastille. Mais deux incendies
l’amenèrent à prendre ses quartiers
boulevard Babin-Chevaye, aujourd’hui boulevard le
la Prairie-au-Duc : « Les Etablissement Félix
Lodé – Fonderies et Constructions Mécaniques
– étaient concepteurs, pas revendeurs, explique
Pierrette Lodé. Ils fabriquèrent d’abord
des pièces ou des gros matériels, notamment
à destination des meuniers, agriculteurs et viticulteurs
: pétrins, pressoirs, charrues, broyeurs à
grain… avec toujours le souci d’innover et
d’apporter des solutions à une clientèle
qui s’étendait sur un grand quart nord-ouest
du pays. » Dès 1893, Pierre-Félix
Lodé avait été rejoint par son fils,
Félix-Jules, alors âgé de seize ans
qui prolongea l’œuvre de son père en
aménageant une fonderie assurant plus d’autonomie
à l’entreprise. Tout en poursuivant les activités
d’origine, il créa des machines à
destination des carrières (broyeurs, concasseurs,
gravillonneurs, trieurs…). « Nous avions alors
jusqu’à soixante salariés, l’entreprise
avait bien repris après les dommages causés
par la deuxième guerre mondiale ». Au décès
de son père en 1955, Pierrette-Lodé assura
la pérennité de la structure avec son frère,
disparu en 1968. La concurrence de grosses sociétés,
mieux armées, annonça le déclin et
la fermeture des Etablissement Félix-Lodé
le 30 juin 1972, cent un ans après leur création
: « J’ai pu replacer tout mon personnel, mais
mon cœur reste à jamais brisé ».
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